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Facilité

Un débat existe aujourd’hui sur ce que l’on fête lors de la fête nationale. la loi Raspail du 6 juillet 1880 institue officiellement le 14 juillet comme fête nationale mais ne précise pas clairement ce qu’on célèbre.

Le débat oppose souvent le 14 juillet 1789, date de la prise de la Bastille, et le 14 juillet 1790, premier anniversaire de la prise de la Bastille appelé fête de la fédération.

Préférer la date de 1790 à celle de 1789 semble indiquer que la date du 1790 a un apport plus important que celle de 1789. Hors, à part la célébration du premier anniversaire de la prise de la Bastille, qui n’expliquerait pas en soi en quoi ça rendrait cet événement plus emblématique que la date de ce qui est célébré, ce qui pourrait être considéré comme marquant dans la date de 1790 est la présence du roi aux festivités.

En effet en 1790 le roi est présent sur le Champ-de-Mars où est célébré la fête et prête serment « Moi, roi des Français, je jure d’employer le pouvoir qui m’est délégué par la loi constitutionnelle de l’État, à maintenir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par moi et à faire exécuter les lois ».

Il est important de faire remarquer que moins d’un an plus tard, en juin 1791, le roi essayera de fuir son propre pays avant d’être rattrapé à Varennes. Il sera plus tard accusé d’avoir joué un double jeu avec l’empereur d’Autriche, des correspondances secrètes avec celui-ci seront retrouvées. Pour protester en réponse à cette fuite qui est comprise par beaucoup comme une trahison, des rassemblements se font sur le Champ-de-Mars, un an après la fête de la fédération, dès le 15 juillet, pour signer une pétition demandant l’abdication du roi. Ces rassemblements continuent les jours suivants, demandant la fin de la monarchie. Le 16 juillet un décret met hors de cause le roi dans sa fuite. Le roi est rétabli dans ses fonctions. Il sera accusé d’avoir permis que le sang soit versé le 17 juillet 1791, jour de massacre du peuple réuni au Champ-de-Mars pour demander la fin de la monarchie, aussi appelé la Fusillade du Champ-de-Mars.

Le récit défendant que le 14 juillet ne soit pas la fête nationale du fait du 14 juillet 1789, mais du fait du 14 juillet 1790 est une grave tentative de réécriture de l’histoire qui chercherait à nous fairer célébrer l’union entre un peuple et un monarque alors que la date est justement un moment marquant de l’histoire, d’un peuple qui cherche à se libérer.

Ce récit ne tient même pas dans les faits, où l’on célèbre le centenaire et le bicentenaire lors de la fête nationale, non pas en 90, mais en 89, que ce soit en 1889 ou en 1989.

Programme de la fête nationale du 14 juillet 1889

Voilà pourquoi il serait utile de clarifier la loi de 1880 pour indiquer clairement que le 14 juillet est, avant tout, la célébration de la prise de la Bastille et de ce qu’elle représente, de l’année 1789, année de la proclamation de l’Assemblée nationale le 17 juin, du serment du jeu de paume le 20 juin, de l’abolition des privilèges le 4 août, de la signature de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen le 26 août, de la nationalisation des biens du clergé le 2 novembre et bien évidemment, le 14 juillet, la prise de la Bastille.

La révolution commence en 1789, on déclare en 1789 dans l’article 3 de la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. », la fête nationale doit célébrer 1789.

Merci d’avoir lu, si cela vous plait n’hésitez pas à vous rendre sur le site, https://bptous.fr

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