Si toutes les émissions de gaz à effet de serre de la France devaient se faire sur deux semaines un jour entier serait réservé uniquement aux vols en avion. En effet, le transport aérien serait responsable de 7,3% de l’empreinte carbone de la France, selon l’étude « Pouvons-nous encore prendre l’avion ? » BL Evolution, 2020.
Pour autant, 40% des Français n’auraient jamais pris l’avion, seuls 30% le prennent une fois par an ou plus, selon une publication du GIFAS. Pire, selon une enquête réalisée en 2015-2016 par la DGAC, les cadres supérieurs français volent 17 fois plus que leurs compatriotes ouvriers. D’après les statistiques ministérielles, la moitié des déplacements par avion des Français est le fait d’une personne sur cinq, ceux au plus hauts revenus (les 20% dont les revenus par unité de consommation sont les plus élevés). Et pour finir, les 5% des personnes qui voyagent le plus émettent 50% des émissions de gaz à effet de serre en lien avec le transport et bien sûr, ce groupe comporte une très forte sur-représentation des personnes dont les revenus dépassent 7 500€/mois.
Ces informations sont compilées dans le rapport du Shift Project.
Donc, une des grosses émissions de gaz à effet de serre (7,3%) est le fait de seulement 60% de la population. Et sur ces émissions de gaz à effet de serre, la moitié, est le fait d’uniquement 5% de la population, souvent des personnes largement aisées.
Ici on se rend compte qu’une taxe usuelle ne ferait qu’empêcher à encore plus de personnes qui n’en ont pas les moyens de pouvoir prendre l’avion au moins une fois de temps en temps, mais ne toucherait quasiment pas la première cause des émissions, les plus gros usagers.
Que faire ?
L’objectif idéal d’une mesure pour contrôler les émissions de l’aviation serait donc de réduire significativement la demande de trajets en avion, en ciblant donc ceux qui prennent souvent l’avion, sans rendre impossible un trajet en avion exceptionnel, afin de diminuer les impacts écologiques du secteur aérien tout en améliorant l’équité sociale et économique.
La solution proposée est de ne pas proposer un prix unique, mais que le prix des billets fonctionne avec un concept de carte de fidélité inversée. Plus vous prenez de vols, plus les vols sont coûteux. La première carte d’infidélité de l’histoire, celle qui vous pousse à choisir d’autres types de transport.
Le prix des billets d’avion augmenterait alors exponentiellement au fur et à mesure que la quantité de carbone émise par un voyageur augmente. Cela encouragera les passagers à moins prendre l’avion ou à choisir des modes de transport plus respectueux pour l’environnement lorsque cela leur est possible, notamment en optant pour le rail par exemple.
On garde un registre des kilomètres parcourus en avion qui comptent pour le calcul des prix des prochains vols. Des kilomètres sont retirés du compte au bout d’un moment à déterminer (un an par exemple).
Cette augmentation des prix se présente sous la forme d’une taxe que l’état perçoit afin de financer ou subventionner d’autres types de transports, comme le train.
Augmentation exponentielle
L’importance de cette proposition, c’est l’augmentation exponentielle des prix, afin que rapidement, quel que soit votre niveau de vie, arrive un moment où vous ne pourrez plus vous permettre de prendre un n-ième trajet. Même si vous êtes une des personnes les plus riches du monde, même pour vous la loi vous atteint.
Questions Fréquentes.
Comment gérer les vols qui arrivent sur le territoire ?
La sur-tarification est effectuée à l’achat du billet. À l’arrivée, il n’est pas demandé de payer quoi que ce soit de plus, mais le passeport permet d’identifier le voyageur et de lui ajouter des kilomètres à son compte. Si des compagnies aériennes ne coopèrent pas pour prendre en compte cette taxe à l’achat du billet, ce sont elles qui ont la dette de cette taxe et qui se doivent de la régler. Les voyageurs ne seront jamais empêchés de repartir s’ils ont déjà un billet.
Moi je prends quatre vols par an, mais du coup ça sera plus cher pour moi ?
Si tu continues de prendre l’avion quatre fois par an, oui. Mais tu financeras le rail et autres en faisant ça, donc des alternatives apparaîtront sans doutes pour que tu puisses réduire tes vols à l’avenir.
Moi je prends un vol par an, mais du coup ça sera plus cher pour moi ?
Non, en tout cas pas à cause de cette proposition dont le but est de diminuer l’émission de gaz à effet de serre en rendant l’accès à l’avion plus équitable.
Cela ne risque-t-il pas de diminuer le tourisme ?
Le tourisme occasionnel ne sera pas impacté, car pour ces voyageurs le prix ne changera pas du fait de cette réforme. Ceux qui font des aller-retours en France plusieurs fois par an risquent en effet de devoir réduire leurs nombres de trajets ou payeront plus.
Les trajets France métropolitaine / France hors métropole pour des raisons familiales ou professionnelles seraient impactés ?
Dans ces cas, des vols sont alors garantis en dehors du calcul.
Tu aimes les trains ?
Oui.


